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Les auteurs de l’étude FAIR-HF ont analysé les effets de fer-carboxymaltose sur la fonction rénale de patients souffrant de carence en fer avec ou sans anémie ainsi que d’insuffisance cardiaque chronique (ICC). En règle générale, un dysfonctionnement rénal complique l’évolution naturelle de l’ICC, car il est susceptible d’en aggraver les symptômes et d’accroître les risques d’hospitalisation et de décès. Les traitements actuels de l’ICC s’avèrent n’avoir que peu ou pas d’effets bénéfiques sur le déclin de la fonction rénale consécutif à l’insuffisance cardiaque chronique.
«Les résultats de l’analyse complémentaire sont très encourageants pour les cardiologues et les néphrologues et doivent continuer à être étudiés», estime Piotr Ponikowski, Professeur de cardiologie à l’Université de médecine de Wroclaw (Pologne). «De nombreux patients souffrant d’insuffisance cardiaque chronique présentent un dysfonctionnement rénal jouant un rôle majeur dans la dégradation de leur état de santé. Aucune des thérapies actuellement adoptées ou recommandées chez les patients ICC n’a d’effet favorable sur la fonction rénale. Les traitements susceptibles de protéger les reins suscitent donc un vif intérêt.»
Au total, 459 patients souffrant d’insuffisance cardiaque chronique et de carence en fer ont été étudiés dans 75 sites à travers le monde. Deux tiers des patients ont reçu fer-carboxymaltose chaque semaine jusqu’à correction de leur carence en fer, puis tous les mois (phase de maintien) jusqu’à la semaine 24. Les autres patients ont reçu un placebo. La fonction rénale a été évaluée en début d’étude et tout au long de celle-ci par calcul du taux de filtration glomérulaire estimé (TFGe). L’augmentation du TFGe correspond à une amélioration de la fonction rénale.
Aux semaines 4, 12 et 24 de l’étude, le TFGe avait augmenté chez les patients recevant fer-carboxymaltose, alors que la fonction rénale du groupe placebo était en faible diminution. A la fin de l’étude, le TFGe avait, par rapport aux valeurs initiales, augmenté de 3,2 ml/min/de 1,73m2 en moyenne chez les patients traités par fer-carboxymaltose, tandis que, dans le groupe placebo, il avait reculé de 0,6 ml/min/de 1,73m2. L’écart entre le groupe sous fer-carboxymaltose et le groupe placebo était statistiquement significatif (p=0,017 à la semaine 24). L’amélioration du TFGe a été constatée dès la semaine 4 de l’étude. La réponse à fer-carboxymaltose était indépendante du niveau de la fonction rénale en début d’étude ainsi que de l’âge, du sexe, du degré de gravité de l’ICC et de la présence ou non d’une anémie.
Le Dr. Iain Macdougall du King’s College Hospital de Londres (Royaume-Uni) souligne: «Les néphrologues et les cardiologues s’intéressent de plus en plus au syndrome de l’anémie cardio-rénale et sont toujours plus enclins à collaborer pour en identifier les causes et en améliorer le traitement.» Et il ajoute: «Les données présentées ici montrent qu’une thérapie ferrique par voie intraveineuse est susceptible d’améliorer simultanément la fonction des deux organes. Il nous faut approfondir la compréhension des mécanismes impliqués.»
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